Galerie virtuelle de noureddine alioua
Photo présentation

Alioua vit et travaille à casablanca
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Que pouvons-nous ressentir devant l’œuvre de Noureddine Alioua ? Une tendance à se répéter ! Obsessionnelle, dirons-nous ! Apparence.. Tel est le cas de bon nombre d’artistes qui ont consacré toute leur vie à une même quête. L’œuvre de N. Alioua n’est donc pas un cas isolé. Chercher à comprendre les raisons qui poussent un artiste, sciemment ou non, à s’investir corps et âme dans une reprise incessante d’un même geste, d’un même schéma, semble relever tout simplement de l’inutile, voire, de l’absurde ! N’est-ce pas dans la répétition que toutes les doctrines spirituelles puisent leur essence et atteignent leur accomplissement ?
C’est de suggestions, de sous-entendus, de demi mots que se constitue son langage.. Une orientation progressive, ascensionnelle, suspendue entre ciel et terre, dont la lecture, conditionnée par l’équilibre précaire et formel de l’œuvre, ne peut s’effectuer que dans le temps, et qui finit par piéger la perception en la concentrant sur ce point culminant, ce nœud de tension : le carré, ultime et unique forme pour ainsi dire, évoluant dans la frontalité de cet espace..
Les recherches actuelles trouvent leur justification dans des préoccupations qui remontent loin dans la vie de N. Alioua. Sa formation académique semble avoir forgé son style par l’acquisition d’une grande maîtrise technique. Si ses débuts sont figuratifs, l’intérêt pour une recherche plus orientée vers l’abstraction prendra vite le dessus. Un long séjour à Es Saouira, sa ville natale, ne manque pas de le marquer. De retour à Casablanca, une synthèse, fruit des expériences accumulées au fil du temps, prend forme ; effort axé essentiellement sur un dépouillement progressif apparent.. Et ce n’est pas un hasard si cette expérience coïncide avec un certain intérêt de l’artiste pour tout ce qui relève du domaine du spirituel, ce qui contribue à orienter son regard vers de nouvelles préoccupations.
C’est ainsi que quelques formes surgissent et finissent par s’imposer ; le carré comme le cercle, figures puisées dans l’architecture traditionnelle rappellent vaguement les silhouettes des marabouts et leurs coupoles. Ce vocabulaire s’enrichit d’autres éléments encore plus symboliques : La verticale, mais aussi et surtout, le geste calligraphique, spontané et nerveux, qui intervient à chaque fois, tantôt esquissant les silhouettes à peine perceptibles de cette foule qui aspire à atteindre ce havre en lévitation, suspendu entre ciel et terre, ce carré sacré, symbole de stabilité et de repos, d’unité, d’intégralité, et d’équilibre où semblent fondre et fusionner pensée, sensation, sentiment, et intuition, tantôt décrivant la cadence d’une transe ponctuée par le renvoi des échos rythmiques d’un lointain « dikr ».
Et c’est à travers ce fil suspendu, cet épieu- la verticale- que s’effectue l’ascension vers la vérité et la délivrance.
Toute la force de l’œuvre de N. Alioua réside dans la simplicité de sa structure ; un schéma dépouillé, épuré, réduit à l’essentiel, en forme et en contenu..
Apparemment symétrique, comme pour souligner la gravité de la situation et de l’instant, l’œuvre n’en est pas moins très agitée.. Car, si ses constituants sont de nature à suggérer le calme et la stabilité, le traitement, quant à lui, reste très nerveux, très gestuel, sans ménagement dans la touche comme dans le trait, donnant au passage, la sensation de cette vibration qui caractérise si fort l’œuvre de N. Alioua, tel ce palmier au tronc fin et élancé, d’apparence très fragile, livré aux caprices du vent..

Said HOUSBANE